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« LA FOI ET LA RAISON sont comme les deux ailes qui permettent à l’esprit humain de s’élever vers la contemplation de la vérité. C’est Dieu qui a mis au cœur de l’homme le désir de connaître la vérité et, au terme, de Le connaître lui-même afin que, Le connaissant et L’aimant, il puisse atteindre la pleine vérité sur lui-même. »

Jean-Paul II, encyclique Fides et Ratio, préambule, 1998.

 

Parce qu’elle cherche la connaissance de toutes choses par leurs causes les plus hautes, la philosophie est la reine des sciences accessibles à la lumière de la raison naturelle : c’est elle qui articule les différents savoirs humains, définit leurs champs propres et par voie de conséquence leurs limites ; elle joue donc un rôle décisif dans la quête par l’homme de sa propre compréhension, et par suite de Dieu lui-même.

Il serait dommage que nos élèves ne puissent l’étudier qu’en Terminale, classe pour laquelle les impératifs du baccalauréat obligent à traiter en priorité certaines notions, au préjudice d’une formation philosophie plus systématique et complète. En effet, en un an et à raison de 4 heures hebdomadaires, le programme du baccalauréat ne demande pas moins que de "couvrir" 2700 ans d’histoire de la pensée, 84 auteurs suggérés (sans exhaustivité), 17 "notions" problématiques, 71 mots-"repères", 1 œuvre complète au moins et, bien entendu, les techniques (spécifiques en philosophie) de la dissertation et du commentaire de texte… Autant dire que le temps fait cruellement défaut et rend particulièrement difficile la synthèse et la mise en place d’un système de pensée cohérent.

Au Lycée Saint-Augustin, nous avons donc pris le parti de commencer l’étude de la philosophie dès les classes de seconde et de première, qui sont pour nous l’occasion d’initier nos élèves à la philosophie réaliste d’Aristote et de saint Thomas d’Aquin, pour leur faire acquérir de bons habitus intellectuels : il s’agit d’entraîner nos garçons à chercher et à atteindre le vrai, spécialement en leur apprenant et en les habituant à définir les termes, à dégager des problématiques, et à argumenter.

C’est ainsi que nous abordons la philosophie par deux voies convergentes : une étude succincte de l’histoire de la pensée grecque d’une part, et une introduction à l’anthropologie d’autre part, avant de poser les fondements des grandes notions métaphysiques.

Nous savons par expérience que cette initiation permet une mise en place beaucoup plus construite (et donc durable) dans l’esprit des garçons, et nous savons que cette ouverture intellectuelle à la vérité prédispose à la découverte et à la proximité avec Dieu, seule vraie fin de toute éducation chrétienne.

Nous en voulons pour preuve le témoignage de notre patron, saint Augustin, qui attribue à la lecture de Cicéron le point de départ de sa démarche de conversion :

« C’est dans ce milieu que moi, à un âge encore débile, j’étudiais les traités d’éloquence ; je désirais m’y distinguer pour un motif condamnable et frivole, en parcourant les joies de la vanité humaine. Déjà le programme habituel des études m’avait fait parvenir à un ouvrage d’un certain Cicéron, chez qui on admire en général la langue, le cœur pas tellement. Mais ce livre contient, de l’auteur lui-même, une exhortation à la philosophie, et s’appelle l’Hortensius. Or ce livre changea mes sentiments, et m’orientant vers toi, Seigneur, il changea mes prières, et rendit tout autres mes vœux et mes désirs. Vile devint pour moi soudain toute vaine espérance ; c’est l’immortalité de la sagesse que je convoitais, dans un bouillonnement du cœur incroyable, et j’avais commencé à me lever pour revenir vers toi. Car ce n’était pas à l’affinement du langage, comme le faisaient croire les cours payés avec les subsides maternels, maintenant que j’étais dans ma dix-neuvième année et que mon père était mort déjà depuis deux ans, ce n’était donc pas à l’affinement du langage que je rapportais la lecture de cet ouvrage ; et ce n’était pas de l’expression littéraire, mais de la pensée exprimée qu’il m’avait persuadé.

« Ah ! comme je brûlais, mon Dieu, comme je brûlais de m’envoler du terrestre pour revenir vers toi ! Et je ne savais pas quelle était ta conduite avec moi. Car c’est auprès de toi qu’est la sagesse. Or l’amour de la sagesse porte chez les Grecs le nom de philosophie, et c’est lui qui m’enflammait dans ma lecture. Il en est qui séduisent au moyen de la philosophie : ce grand nom, flatteur et honorable, leur sert à colorer et à maquiller leurs erreurs. Or presque tous ceux qui, au temps de l’auteur et avant lui, agissaient ainsi, sont signalés dans ce livre et démasqués ; et on voit là qu’il était salutaire, l’avertissement que donne ton Esprit par l’intermédiaire de ton bon et pieux serviteur : Prenez garde qu’on ne vous prenne au piège de la philosophie et de ses vaines séductions, suivant la tradition des hommes, suivant les rudiments de ce monde, et non pas suivant le Christ ; car c’est en lui qu’habite toute la plénitude de la divinité corporellement. Et moi, à cette époque, tu le sais, toi, lumière de mon cœur, j’ignorais encore ces paroles de l’Apôtre. Néanmoins une seule chose suffisait à me charmer, dans cette exhortation à la philosophie : ce n’était pas telle ou telle secte mais la sagesse elle-même, quelle qu’elle fût, que j’étais poussé à chérir, à chercher, à atteindre, à saisir, à étreindre vigoureusement, excité par ce discours qui m’enflammait, qui m’embrasait. Et une seule chose venait briser l’élan d’une telle flamme : le nom du Christ n’était pas là ; or ce nom, de par ta miséricorde, Seigneur, ce nom de mon Sauveur, ton Fils, déjà dans le lait même d’une mère, mon cœur d’enfant l’avait pieusement bu, et il le gardait au fond, et sans ce nom nulle œuvre, fût-elle littéraire et bien soignée et pleine de vérité, ne me ravissait entièrement. »

Saint Augustin, Confessions, livre III, c. 4.

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